Chroniques littéraires

Chronique littéraire #186: Les Bordes Aurélie Jeannin

Les Bordes, c’est un lieu et c’est une famille. En l’occurrence, sa  belle-famille qui ne l’aime pas. Elle, Brune, le bouclier. Mère responsable,  tenant solidement sur ses deux jambes, un oeil toujours fixé sur  le rétroviseur ou l’entrebâillement de la porte, qui guette, anticipe,  tente de maîtriser les risques.

Ce week-end, comme chaque année en juin, elle prend la route  avec ses deux enfants pour rejoindre Les Bordes et honorer un rituel  familial.
Pour celle qui craint chaque seconde l’accident domestique, Les  Bordes ressemblent à l’enfer. Trop de jeux extérieurs, trop de recoins,  de folles libertés. Trop de silence et de méchancetés à peine contenues. Trop de souvenirs.

Aux Bordes, Brune saura-t-elle esquiver le pire ? Est-il possible pour  une mère de protéger ses enfants ?

Derrière la mécanique du drame hasardeux et l’absence de bourreaux,  Les Bordes  dresse un portrait de la famille, de la parentalité et de la  maternité sans fard, grâce à une héroïne aussi troublante qu’humaine.

Avis

Tout d’abord je remercie Babelio pour l’envoi de ce roman dans le cadre de l’opération masse critique.

Ce roman fut très déstabilisant, la lecture oppressante à l’image de ce que ressent l’héroïne. La progression du récit est à la fois circulaire tout en maintenant l’intensité en crescendo. Nous découvrons Brune, une jeune mère qui allie vie professionnelle et vie de famille. Elle est sur tous les fronts et clairement elle est en plein cœur d’un Burn out. Entre réminiscence des traumatismes de son enfance, son quotidien familiale épuisant et son univers professionnel de juge d’instruction éreintant, elle cumule les raisons de craquer mais elle tient bon malgré des idées noires qui l’assaillent de plus en plus chaque jour.

L’histoire est intrigante, on sent que quelque chose rampe dans l’ombre, une menace, un secret, un conflit, tout cela en même temps qui va étouffer de plus en plus Brune sous la culpabilité. Syndrome du survivant, peur de l’avenir, du jour qui se lève et qui représente une menace, désir de vivre, désir de mourir pour mettre à l’abri ces enfants de tout mal.

C’est une lecture bouleversante bien qu’un peu trop sombre à mon goût. Les secrets se dévoilent au fur et à mesure, entre répétitions et révélations, les drames se jouent et se déjouent chez les Bordes, lieu de tant de souffrance. Le mariage de Brune naît de la perte d’un être cher semble des le départ voué au malheur puisque né de celui-ci. L’espoir est étouffé dans le récit par une routine inlassable, la culpabilité d’échouer en tant que mère en miroir à ce qu’elle voit lors de ses affaires en tant que juge d’instruction.

Dans un tel contexte Brune ne peut que voir les choses de manière négative, s’ajoute à cela un handicap un peu particulier qui l’oblige à reconstruire à chaque instant ce qu’elle voit. C’est donc un roman essentiellement tragique, la seule issue est la mort puisqu’elle flotte comme un personnage incarnée tout autour des Bordes attendant son heure pour frapper une nouvelle fois cette famille. Ã lire d’une traite tant on est avide d’en connaître le fin mot.

Note

Note : 4 sur 5.

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